J’ai lu ce jour cet article de l’Huma paru le 21 juin concernant le roman, avec en sous-titre ” les requins de l’écologie ” et le donne en lecture ici :
” On peut lire cet ouvrage comme une histoire policière fidèle aux règles du genre : intrigue à rebondissements, exotisme, violence, désir. Des personnages emblématiques, journalistes intrépides et sans faiblesses, une brochette d’hommes d’affaires à la morale chancelante, sur fond de grand marché mondial de l’écologie, des victimes qui se comptent par millions : populations déplacées, pourchassées, spoliées, réduites au silence quand ce n’est pas au travail forcé ou à la prostitution. L’aventure rejoint la tragédie, et la vérité dépasse la fiction. On est en Birmanie, et ceux qui tirent les ficelles sont les compagnies pétrolières, Total…, les marchands d’armes, les militaires et l’argent, beaucoup d’argent, qui, comme on sait, est le nerf de la guerre à Paris, Genève ou New York. Tout le monde, néanmoins, n’est pas à vendre. Certains résistent, des solidarités se nouent et sont parfois victorieuses ” Lucien Degoy
juin 25, 2008
La vie d’un auteur est souvent difficile, j’en parle d’expérience, mais elle est aussi pleine de petits bonheurs, tel celui ressenti par ce message reçu ce matin de Sophie qui tient avec courage et détermination le blog de la Birmanie libre (lien colonne droite)
” J’ai fini votre livre, et le l’ai prêté à Kathy, qui a le blog “Birmanie mon cœur saigne”, qui a déjà mis un lien vers votre blog, qui vous a déjà contacté je pense, et qui doit être en train de le dévorer.
Les témoignages sur Total sont tirés de témoignages réels que vous avez reçus ? Je prépare un article sur le génocide karen, j’ai encore plusieurs traductions à faire. C’est dedans je pense que je citerai votre livre. J’ai aimé cette quête de l’essentiel, tragique, sensuelle et victorieuse…”
juin 8, 2008
De mes entretiens avec certains journalistes dont la traduction audiovisuelle devrait être effective bientôt sur le net (le Flambeau, Agoravox et Bakchich…) concernant la sortie de mon roman Réchauffement Climatique, il ressort quelques points forts que je vais reprendre ici :
- Total en Birmanie : Une grande partie des scènes du livre se situe dans ce pays. Dictature sanglante et silencieuse, ce pays qui fut le plus riche et développé du Sud-Est asiatique il y a encore une trentaine d’années est devenu l’un des plus pauvres. Je ne reviendrai pas sur les circonstances de sa destruction par les généraux birmans mais sur celles qui ont sauvé leur pourvoir. Peu avant la construction du gazoduc de Yadana, le rapport de force entre le peuple, la rébellion armée des certaines minorités (Karen en particulier) et l’armée birmane n’était plus en faveur de cette dernière. Très concrètement, ce qui les sauva, ce fut bien cette manne financière, de 1995 jusqu’à nos jours, d’après les estimations près de dix milliards de dollars, qui permit la construction d’un instrument répressif dont on a vu la performance au cours des manifestations d’octobre dernier. En 2007, les versements de Total à la junte ont pu couvrir les dépenses annuelles de l’armée, soit près de 700 millions de dollars. Si on a accusé, à juste titre, Total de complicité de crime de travaux forcés et d’esclavage, ce ne sont malheureusement que des dégâts collatéraux vis à vis de ce crime d’avoir permis à une dictature de doter d’une puissance de feu et de destruction. On peut naïvement se demander pourquoi… Parce que Total a objectivement besoin d’un régime de fer et de sang pour tranquillement exploiter les ressources de ce pays. D’une certaine façon, commanditaire de criminels, Total en Birmanie joue le rôle d’organisation criminelle
- Kouchner : Tout le monde connait maintenant les circonstances de la rédaction de son rapport rédigé en 2003, le prix payé par Total, près de 30.000 euros, et les rumeurs assez solides de complément de rémunération (certains annoncent des chiffres dépassant les 200.000 euros). Le prix pour vendre son âme d’humaniste, mais faudrait-il qu’il en soit pourvu… D’une certaine façon, Marie Varney, journaliste d’investigation dans mon roman fait le travail qu’il n’a pas voulu faire : Retrouver des témoins, aller sur le terrain et dénoncer cet épouvantable scandale.
- Industrie pétrolière : Le roman met aussi en évidence les arcanes de l’industrie pétrolière actuelle, ces hommes de l’ombre, ce qui se passe aussi en Azerbaïdjan dans le cadre des gazoduc et oléoduc (South Caucasus Pipeline Company SCPC dont Total est partenaire - gazoduc qui achemine le gaz produit sur Shah Deniz vers les marchés turc et géorgien, et oléoduc BTC Bakou-Tbilissi-Ceyhan qui relie Bakou à la mer Méditerranée) les mêmes pratiques insupportables, mais aussi la nécessité de cette industrie qui fut le responsable d’une pollution durable, de se présenter actuellement comme le meilleur défenseur des énergies nouvelles. Dans vingt ans il n’y a plus de pétrole mais les actionnaires sont une race vorace et il faudra bien trouver de nouveaux moyens pour les nourrir….
- Littérature utile : J’évoque souvent la thématique d’une littérature utile. Réchauffement climatique n’est pas seulement un roman sur la Birmanie, sur l’industrie pétrolière et le réchauffement climatique mais aussi sur la vie, la rédemption de Nicolas Renan, le personnage principal, un type comme vous et moi, pris dans ses contradictions qui finalement ne comprend rien à notre monde, à cette époque terrible qui nous écrase. Et c’est cela, une littérature de solidarité, parler des autres, personnages de fiction mais aussi de chair et de sang, montrer que dans toute maladie, celle de notre terre, comme celle dont va souffrir Nicolas, il y a des clés à tourner dans le bon ou le mauvais sens, mais que l’impulsion ne peut être donnée que par la prise de conscience et la solidarité des hommes de bonne volonté…
juin 5, 2008

Je ne veux pas nourrir uniquement ce blog d’articles de presse liés à mes rencontres en région PACA mais celles-ci suscitent des commentaires de journalistes qui ont compris les problématiques de mon roman ‘Réchauffement climatique ” Je livre néanmoins aujourd’hui cet article de Françoise Denoyer (La Marseillaise) qui m’apparait aller, d’une certaine façon, à l’essentiel…
Pour finir cette rubrique des articles de la presse PACA, je joins aussi cette présentation expliquant par ce compte-rendu de lecture, la façon dont j’ai construit ce livre, soit comme un film en espérant que le lecteur ressente une émotion quasi cinématographique…

mai 19, 2008
Je donne en lecture cet article rédigé par Katy Cantagrel, journaliste de la presse régionale PACA, qui a bien saisi la problématique, celle d’une certaine façon, du personnage principal du roman, Nicolas Renan, mais aussi des hommes de bonne volonté…

mai 16, 2008

Il l’a dit ! Le refus de la junte birmane d’accepter l’aide internationale pour les innombrables victimes civiles de l’ouragan est un crime contre l’humanité. C’est vrai, même si ce crime est constant depuis plusieurs décennies… De même que pour tous crimes il y a souvent des complices. Permettre le versement chaque année de plusieurs centaines de millions de dollars entre les mains de ces criminels, avoir accepté l’esclavage et demander l’intervention des armes pour nettoyer des zones de résistances sont des actes qui vont malheureusement au delà d’une complicité passive. J’évoque bien sûr Total le flambeau de notre industrie pétrolière et le blanc-seing que Bernard Kouchner, en 2003 par son rapport commandité par cette compagnie au sujet de sa responsabilité dans les graves violations des droits lors de la construction du gazoduc et qui lui fut grassement payé… Il est vrai qu’à l’époque il était chômage et que le “droit-de-l’hommisme” est devenu un fonds de commerce comme un autre. Le concernant, la question se pose de savoir s’il a encore le droit de s’émouvoir sur la tragédie d’un peuple…
mai 16, 2008

Il m’est souvent demander mes motivations d’avoir choisi ce titre pour un roman qui n’est pas vraiment un traité d’écologie ni même un plaidoyer pour lutter contre le réchauffement climatique. En premier lieu, il faut considérer que le personnage principal, Nicolas Renan, est à la fois ingénieur climatologue et militant écologiste. Si dans ses années de jeunesse il parcourt, intrépide, la planète pour constater les ravages de la déforestation, il devient à l’âge où l’on commence à aimer le confort l’expert et le porte-parole de la grande finance qui décide d’investir dans le business des énergies durables. En second lieu lorsqu’il sort de cette épreuve imprévue et qui va tout bouleverser il y a son basculement vers autre chose, un nouveau regard sur cette maladie de la terre, un positionnement devenu authentique refondant ce qu’il va vivre, au delà du mot “fin” du roman… Bref, même si les thèmes du livre vont bien au delà du seul problème du réchauffement climatique, ce titre m’est apparu le plus fédérateur et aucun autre m’est venu à l’esprit !
mai 14, 2008