Pour une littérature de solidarité !

juin 5, 2008 at 4:03 6 commentaires

De mes entretiens avec certains journalistes dont la traduction audiovisuelle devrait être effective bientôt sur le net (le Flambeau, Agoravox et Bakchich…) concernant la sortie de mon roman Réchauffement Climatique, il ressort quelques points forts que je vais reprendre ici :

  • Total en Birmanie : Une grande partie des scènes du livre se situe dans ce pays. Dictature sanglante et silencieuse, ce pays qui fut le plus riche et développé du Sud-Est asiatique il y a encore une trentaine d’années est devenu l’un des plus pauvres. Je ne reviendrai pas sur les circonstances de sa destruction par les généraux birmans mais sur celles qui ont sauvé leur pourvoir. Peu avant la construction du gazoduc de Yadana, le rapport de force entre le peuple, la rébellion armée des certaines minorités (Karen en particulier) et l’armée birmane n’était plus en faveur de cette dernière. Très concrètement, ce qui les sauva, ce fut bien cette manne financière, de 1995 jusqu’à nos jours, d’après les estimations près de dix milliards de dollars, qui permit la construction d’un instrument répressif dont on a vu la performance au cours des manifestations d’octobre dernier. En 2007, les versements de Total à la junte ont pu couvrir les dépenses annuelles de l’armée, soit près de 700 millions de dollars. Si on a accusé, à juste titre, Total de complicité de crime de travaux forcés et d’esclavage, ce ne sont malheureusement que des dégâts collatéraux vis à vis de ce crime d’avoir permis à une dictature de doter d’une puissance de feu et de destruction. On peut naïvement se demander pourquoi… Parce que Total a objectivement besoin d’un régime de fer et de sang pour tranquillement exploiter les ressources de ce pays. D’une certaine façon, commanditaire de criminels, Total en Birmanie joue le rôle d’organisation criminelle
  • Kouchner : Tout le monde connait maintenant les circonstances de la rédaction de son rapport rédigé en 2003, le prix payé par Total, près de 30.000 euros, et les rumeurs assez solides de complément de rémunération (certains annoncent des chiffres dépassant les 200.000 euros). Le prix pour vendre son âme d’humaniste, mais faudrait-il qu’il en soit pourvu… D’une certaine façon, Marie Varney, journaliste d’investigation dans mon roman fait le travail qu’il n’a pas voulu faire : Retrouver des témoins, aller sur le terrain et dénoncer cet épouvantable scandale.
  • Industrie pétrolière : Le roman met aussi en évidence les arcanes de l’industrie pétrolière actuelle, ces hommes de l’ombre, ce qui se passe aussi en Azerbaïdjan dans le cadre des gazoduc et oléoduc (South Caucasus Pipeline Company SCPC dont Total est partenaire – gazoduc qui achemine le gaz produit sur Shah Deniz vers les marchés turc et géorgien, et oléoduc BTC Bakou-Tbilissi-Ceyhan qui relie Bakou à la mer Méditerranée) les mêmes pratiques insupportables, mais aussi la nécessité de cette industrie qui fut le responsable d’une pollution durable, de se présenter actuellement comme le meilleur défenseur des énergies nouvelles. Dans vingt ans il n’y a plus de pétrole mais les actionnaires sont une race vorace et il faudra bien trouver de nouveaux moyens pour les nourrir….
  • Littérature utile : J’évoque souvent la thématique d’une littérature utile. Réchauffement climatique n’est pas seulement un roman sur la Birmanie, sur l’industrie pétrolière et le réchauffement climatique mais aussi sur la vie, la rédemption de Nicolas Renan, le personnage principal, un type comme vous et moi, pris dans ses contradictions qui finalement ne comprend rien à notre monde, à cette époque terrible qui nous écrase. Et c’est cela, une littérature de solidarité, parler des autres, personnages de fiction mais aussi de chair et de sang, montrer que dans toute maladie, celle de notre terre, comme celle dont va souffrir Nicolas, il y a des clés à tourner dans le bon ou le mauvais sens, mais que l’impulsion ne peut être donnée que par la prise de conscience et la solidarité des hommes de bonne volonté…
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Entry filed under: Réchauffement climatique, le roman.

Où trouver le roman « Réchauffement Climatique »… Petit bonheur d’un matin pluvieux de juin…

6 commentaires Add your own

  • 1. Kathy  |  juin 5, 2008 à 9:20

    je m’intéresse à la Birmanie depuis des années et j’ai fait un dossier sur total.

    je me suis permise de vous citer sur mon blog.

    encore bravo pour votre livre

    Réponse
  • 2. Zawgyi  |  juin 6, 2008 à 9:45

    Bonjour,

    Je trouve que pour le moment, ce que l’on a appris de ce livre ressemble à tous les clichés que l’on retrouve sur Internet. Avant tout, je voudrais connaître vos sources. Vous êtes-vous simplement référé à ce que disent les journaux et les sites de la KNU ou bien est-il allé sur place, des deux côtés de la frontière ? (Total accepte parfois d’emmener des visiteurs dans la zone de Kanbauk) ?

    Je vais bien entendu acheter votre livre pour voir dans les détails ce qu’il raconte, mais j’aimerais pour une fois qu’un roman sur la Birmanie dépasse les poncifs et les images d’Epinal pour aller jusqu’au fond des problèmes. A ce titre, le roman de Christophe Ono-dit-Bio était absolument nul, un roman pour touristes écrit par un touriste ne connaissant rien au pays et qui était bourré de fautes. Qu’en sera-t-il de votre nouvel ouvrage ?

    J’espère qu’il ira plus loin que le manichéisme habituel: Karens = gentils, Birmans = méchants. Car je tiens à rappeler certains faits:

    Les Karens ont commencé leur lutte armée pour l’indépendance sous U Nu, quand le Birmanie était encore une démocratie. Sans le putsch militaire de 1962, ils ne seraient pas mieux considérés aujourd’hui que l’ETA ou le FLNC. Ils sont d’ailleurs en partie responsable du changement de régime, puisque c’est ce type de mouvement de guérilla qui a conduit Ne Win à prendre le pouvoir.

    La mouvements Karens jouissent d’une bonne image car ils ne touchent pas au trafic de drogue (c’est normal, ça ne peut pas pousser chez eux). En revanche, personne ne dit que, comme les FARC, ils se financent grâce au kidnapping de villageois, Birmans aussi bien que Karens (j’en ai été le témoin personnellement), par le rançonnage de bus civils (dernière attaque dans le sud de l’Etat Kayah en 2007 avec plus de 20 morts civils). Il leur arrive également de prendre des hopitaux thailandais en otage, comme ce fut le cas avec l’armée de dieu, ce groupuscule conduit par deux jumeaux soi-disant sorciers. Les Karens sont également les premiers utilisateurs d’enfants soldats en Birmanie.

    Par ailleurs, il faut arrêter de parler des Karens et des Birmans comme s’il s’agissait de groupes imperméables, définis et homogènes. Tous les Birmans ne sont pas des salauds, même au sein de l’armée birmane. Beaucoup de soldats sont de simples birmans, parfois adolescents et forcés de s’engager. Certains d’entre eux sont donc tout autant des victimes que les populations Karens (ou non Karens) qu’ils combattent. De plus, tous les Karens ne sont pas non-plus des gentils: il existent des groupes armés Karens (comme la Karen Buddhist Army) qui luttent contre la guérilla indépendantiste aux côtés de l’armée birmane. Tout n’est donc pas tout noir et blanc en Birmanie, comme nulle part ailleurs, mais les journalistes ont souvent tendance à l’oublier et à vouloir simplifier.

    A ce titre, et pour contrer une nouvelle fois certaines simplifications, même s’il est vrai que la période de la construction du pipeline Yadana n’est pas claire, le travail que fait aujourd’hui Total dans la région de Kanbauk est impressionnant. Je peux en parler pour avoir été souvent sur place. Ils font l’équivalent du travai de plusieurs ONG à la fois (sans être forcés de le faire et sans en faire la publicité) et la région connaît aujourd’hui la plus forte croissance de la qualité de vie dans tous le pays.

    Or, il faut rappeler que le projet Yadana n’est plus le plus gros projet d’exploitation de gaz en Birmanie. Et les sociétés indiennes ou asiatiques qui exploitent ces gisements ne sont jamais mises à l’index comme l’est Total, alors qu’elles ne mettent en place aucun projet socio-économique pour aider le pays à se développer.

    Enfin, on avance souvent des chiffres important concernant ce que rapporte le projet Yadana à la junte. Avant tout, rappelons que si ce n’était pas Total, ce serait une autre entreprise et qu’il vaut peut-être misuex que ce soit Total après tout. De plus, d’autres gisements rapportent maintenant bien plus au gouvernement. Enfin, j’aimerais que l’on compare ces sommes aux revenus globaux du gouvernement, en les mettant en parallèle avec celles qui proviennent des trafics de drogue, de la vente de pierre précieuses, de jade, de teck, de riz et de tous ces autres commerces qui rapportent tant au gouvernement. Finalement, cela remettrait sans doute en perspective l’importance de ces revenus.

    Ainsi, peut-être en arriverait-on à dire que la présence de Total dans la région apporte finalement plus à la population, grâce à ses projets sociaux, qu’elle ne rapporte à la junte en comparaison du reste. Et il faudrait appliquer le même raisonnement au tourisme et aux autres commerces. Car, à causes des sanctions et des appels au boycott sur le tourisme, le peu de classe moyenne qui existe dans le pays est en train de disparaître, alors que ce sont des gens comme vous et moi, qui ne sont pas proches du gouvernement et qui peuvent amener le pays à bouger. Et cela, c’est sans parler de toutes les filles qui travaillaient dans les usines aujourd’hui fermées et qui viennent grossir les rangs de la prostitution. Finalement, nos beaux discours et notre morale sont parfois vides de sens quand ils proviennent de personnes bien à l’abri à l’étranger pendant que d’autres meurent de faim.

    Finalement, j’ai envie de dire, comme Jefferson, que l’arbre de la liberté a besoin de sang et de sacrifice pour grandir. Ce que je veux dire c’est qu’il faut donner à la population les moyens de mener sa propre révolution: les simples pressions de l’extérieur ne changeront rien, bien au contraire. Regardez l’Irak. De plus, la Chine et l’Inde seront toujours là pour poser leur véto. Aussi, il faut ouvrir la Birmanie au monde, au commerce, à l’économie. Et lorsque la population aura suffisamment de quoi vivre, quand les besoins quotidiens seront assouvis, alors d’autres revendications moins pressantes et moins terre à terre commenceront à émerger. C’est cela qui conduira au changement.

    Quoiqu’il en soit, ce travail commence par un vrai apprentissage du pays. Il faut arrêter de répéter simplement ce que certains lobbies ou médias veulent nous faire croire. La situation dans le pays n’est pas simple. Il n’y a pas les méchants d’un côté et les bons de l’autre. Tous les opposants au régime n’appellent pas au boycott comme Aung San Suu Kyi (www.freeburmancoalition.org). Et la Birmanie n’est pas l’Eden, peuplé de bons sauvages. A ce titre, rappelons que la Birmanie est dirigée par des Birmans et non par une armée d’occupation. C’est un pays où la victime devient rapidement le bourreau. Rien n’est donc aussi simple qu’il n’y paraît.

    Merci de nous indiquer vos sources, votre méthode d’investigation et en quoi votre enquête diffère de toutes les autres sur le pays, qui ont été jusqu’à aujourd’hui assez mal menées pour la plupart.

    Réponse
  • 3. sdaclin  |  juin 6, 2008 à 2:28

    Je viens de lire avec attention ce que vient de dire Zawgyi, j’ai simplement trois remarques à ce propos :
    1 – je trouve très mal placé de dire : « Avant tout, rappelons que si ce n’était pas Total, ce serait une autre entreprise et qu’il vaut peut-être misuex que ce soit Total après tout. »
    2 – je ne suis pas d’accord quand il dit que ce sont les classes moyennes qui amènent les choses à bouger. Pour moi les révolutions se font par le peuple et non par le faible pourcentage que représente la classe moyenne dans la population (et ce aussi cultivée soit-elle).
    3 – je ne suis absoluement pas d’accord avec votre citation déshumanisée de Jefferson « l’arbre de la liberté a besoin de sang et de sacrifice pour grandir ». Ca signifierait que toute révolution se fait dans le sang et je trouve ça très réducteur même si l’histoire semble corroborer cette citation.

    J’ajouterai de plus que j’ai lu le roman, je suis content d’avoir découvert le quotidien de la Birmanie par ce récit, mais en aucun cas cette lecture ne me permettrait de prendre une position catégorique envers le régime au pouvoir (la junte) ou les Karens. Ce livre est, comme son statut l’indique, avant tout un roman.

    Le réel problème actuellement tient plus selon moi dans la façon qu’ont les pays riches de consommer (matières premières, produits manufacturés ou agriculture) plutôt que dans la dénonciation des activités d’une multinationale en particulier. Plutôt que de pointer du doigt Total afin qu’ils reversent de façon plus équitable leurs bénéfices, privilégions une façon plus raisonnée de consommer.

    Dernière petite remarque : monsieur Zawgyi lorsqu’on fait un commentaire aussi engagé que le vôtre, on gagne en crédibilité en s’assurant que le commentaire en question ne soit pas anonyme.

    Réponse
  • 4. sdaclin  |  juin 6, 2008 à 2:35

    Je donne des leçons sur l’anonymat mais pour le coup aucun lien ne s’est fait vers mon site :p
    Voilà donc un lien pour en savoir plus sur moi car même si je ne revendique pas haut et fort mes propos, j’en reconnais quand même la paternité :
    http://sdaclin.wordpress.com/

    Réponse
  • 5. demontpierot  |  juin 8, 2008 à 9:22

    Réponse à Zawgvi

    Tout d’abord je vous remercie d’avoir pris le temps d’un long développement concernant mon livre. Comme vous l’avez dit, vous ne l’avez pas encore lu et votre commentaire doit être pris comme un propos avant-lecture puisque vous dîtes vouloir le lire…
    En premier lieu, je tiens à lever tous malentendus et donc ambiguïtés. Réchauffement Climatique est un roman, donc lié à une subjectivité même si je considère qu’il se fonde sur des réalités concrètes, celles qui s’imposent à tous. Ce n’est donc pas une enquête et ne doit pas être jugé comme telle.
    En second lieu, j’insiste sur le fait que ce n’est pas non plus un livre sur la Birmanie et son histoire, même si de nombreuses scènes s’y déroulent… Bref, c’est un roman avec toutes les limites du genre, une histoire avec des personnages fictionnels.
    Vous me posez des questions et je me dois d’y répondre. J’ai vécu une dizaine d’années en Asie du sud-est et je connais bien ces pays, le Cambodge, la Thaïlande, le Vietnam, la Birmanie. J’ai rencontré des réfugiés birmans (ils sont nombreux à avoir fuit leur pays) et cela m’a permis de saisir l’aspect assez implacable du régime des généraux.
    Vous évoquez, avec visiblement une bonne connaissance, sans doute meilleure que moi, de la réalité de ce pays et sa complexité. Je partage votre point de vue. Il n’y a pas de bons Karens face à de méchants Birmans. Je ne fais pas non plus d’angélisme vis-à-vis des Karens mais dois-je dire, pour les meilleurs d’entre eux, ils ont montré un courage et une détermination à lutter contre l’oppression, comme les Birmans luttant pour leur liberté. Tous sont victimes et les opposer les uns aux autres serait une injure à leur intelligence et à l’Histoire. Et puis le jour de l’émancipation politique de la Birmanie, ils devront vivre ensemble…
    Maintenant la problématique Total. Je ne vais pas revenir sur les circonstances, ce que Total met en avant pour défendre sa présence et ce qu’il faut en penser. Pour moi les choses sont entendues même si les quelques équipements financés par Total dans la zone sont une réalité mais demeure une justification après coup, une caution poudre aux yeux qui représente, en terme financier, si peu par rapport aux versements à la junte qui ne profitent en rien au peuple birman…
    Aujourd’hui le problème n’est plus le départ de Total et Margerie a dans son cynisme raison de dire que d’autres prendraient leur place. Le problème est qu’il ne fallait pas il y a quinze ans investir dans ce pays !
    Si vous lisez ce roman, vous vous apercevrez que je mets en scène des Karens militants et ils ont ma sympathie, ainsi que des hommes de l’ombre de l’industrie pétrolière. Eux sont ce qu’ils sont et je n’ai pas eu à grossir leurs traits…

    Réponse
  • 6. Zawgyi  |  juin 9, 2008 à 3:55

    Je suis heureux de voir que mon commentaire amène des réactions. Je crois qu’il est en effet bon de pouvoir confronter nos opinions sur des sujets aussi brûlants.

    A ce titre, je ne vois pas en quoi ne plus être anonyme donnerait plus ou moins de poids à mes positions. Je ne pense pas avoir effectué d’attaques personnelles ni de diffamation. Mon nom ne changerait donc rien au débat. De plus, l’anonymat peut parfois être nécessaire pour des raisons personnelles.

    Pour répondre à sdaclin, je dirais ceci :
    – Ce que je voulais dire par « il vaut mieux que ce soit Total » était tout simplement que de tous les groupes pétroliers présents dans le pays (les autres groupes occidentaux comme Premier Oil inclus) c’est le seul qui met en place des projets de développement à l’échelle locale. Malgré tout, il vaut mieux un peu d’aide à la population, peut importe d’où elle vient, que rien du tout. Il vaut donc bien mieux que ce soit Total en l’occurence. Je pense honnètement, mais ce n’est qu’une opinion personnelle suite à mes visites dans la zone de Kanbauk, que le bilan de Total dans la zone du pipeline est plutôt positif, malgré les exactions qui ont pu être commises au début du chantier. Voilà.
    – Je maintiens également que les classes moyennes sont un moteur de changement. Il s’agit de la partie de la population qui, dans des pays comme la Birmanie, peut avoir accès à l’éducation et à l’information sans être lié au pouvoir. De plus, ce n’est qu’en s’affranchissant des problématiques du quotidien, lorsqu’un certain confort matériel est assuré, que peuvent naître des revendications plus philosophiques et politiques. Le reste de la population n’a qu’une seule question en tête : « que mangerons-nous aujourd’hui ? » De plus, il ne savent pas ce qu’est la démocratie, le vote, la liberté liée à la responsabilité… etc. La « révolte paysanne » se doit donc d’être guidée par une tranche éclairée de la population. Je sais que cela peut avoir une tonalité très élitiste, mais je pense malheureusement que l’histoire est là pour nous prouver que cela est vrai. Après tout il suffit de regarder Montespierre, Jefferson, Washington, Lenin, Che Guevara (un médecin), etc… pour voir que cela est vrai.
    Je préfère également que le changement vienne de la classe moyenne. Car si classe moyenne il y a, cela veut dire que la jeune démocratie aurait une économie sur laquelle s’appuyer au lieu de devenir une démocratie pauvre dirigée par la mafia ou des groupes étrangers. De plus, compter sur la classe moyenne implique d’aider le pays à se développer. Et je trouve cela bien plus éthique et souhaitable que de mettre en place des sanctions dont le seul but est de pousser un peuple à la famine pour qu’il se révolte. N’oublions pas que derrière les étendards que nous agitons confortablement depuis l’étranger se trouve une population dont le bien-être futur, mais également à court terme est essentiel.
    – Enfin, l’interprétation que je fais de la citation de Jefferson est celle-ci : une liberté qui serait imposée à un peuple depuis l’extérieur n’aurait aucune chance de tenir. La liberté exige un sacrifice, un vouloir-vivre ensemble, le partage de valeurs par tout un peuple près à les défendre. Car la liberté sous-entend également des responsabilités. Seuls ceux qui sont près à se battre pour leur liberté comprennent cela, comprenne son prix. C’est la seule solution pour une démocratie durable et ancrée dans les mentalité. Bien entendu, encore une fois, on est libre de ne pas partager cet avis. Après tout, il y a bien des exemples de démocraties qui se sont construites sans presqu’aucune violence, comme en Angleterre. En revanche, l’expérience montre que lorsqu’un pays a essayé d’imposer ses valeurs à une société qui ne les partageait pas, cela a produit une réaction inverse. J’en veux pour exemple actuel ce qui se passe en Irak.

    Quoiqu’il en soit, je pense que comme vous, le problème le plus profond est celui de notre mode de vie, de consommation. Et quelque part, je caresse le rêve incensé de voir un jour la Birmanie devenir un modèle : après tout, il s’agit d’un pays qui n’a pas encore bénéficié mais aussi souffert de notre mode de vie occidental. C’est un pays qui part un peu de zéro. Le tout serait de lui faire prendre le bon départ…

    Réponse

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