Archive for janvier, 2009

Eric Besson : Phénoménologie de l’animal p…

Animal politique, bien-sûr. Forme assez aboutie de la figure de l’ambitieux, doté d’instinct, capable de trahir et d’aller au plus haut. La France en a connu de sublimes, quelquefois compétents et somme toute qui surent servir leur pays. La formule s’applique-t-elle à Eric Besson, bientôt ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale ? Après ces quelques mois en tant qu’obscur secrétaire d’Etat à la Prospective et à l’Economie numérique, on peut imaginer sa satisfaction d’être ainsi promu. Mais la formule s’applique-t-elle vraiment le concernant ? Doit-on seulement garder le nom sans l’adjectif ? Non, Patrick Besson n’est pas un animal, c’est un être humain, comme vous et moi. Pas tout à fait pourtant…

Une carrière exemplaire :
C’est en 1993 qu’il rejoint le Parti Socialiste. Epoque singulière. C’est la fin des années Mitterrand et le gouvernement Bérégovoy perd les élections législatives, ouvrant cette période de l’avènement de Balladur et ses rêves de grandeur. Celui qui avait échoué au concours d’entrée à l’ENA a-t-il alors décidé d’être un militant exemplaire, entrant par la petite porte dans un parti à la recherche de nouveaux repères et sans vrais leaders ? Sans doute, les choix engageants sont toujours de bonne conscience, en tous cas apparaissent-ils ainsi, même avec les perspectives et ambitions cachées dans le creux des âmes. Et ce fut pour Eric Besson fort judicieux. Après s’être frotté au journalisme comme rédacteur du magazine Challenges puis à la lutte contre l’exclusion au sein de la fondation Vivendi, O.N.G qui fit tant pour les petits épargnants, il devint deux ans plus tard maire de Donzère dans la Drôme, puis député dans la foulée. En 2003, il rejoint le bureau national du Parti Socialiste en qualité de secrétaire national chargé de l’économie et de l’emploi, et pressenti un temps pour remplacer Hollande à la tête du parti. Beau parcours, à l’orée de l’élection présidentielle de 2007 pour celui qui est resté fidèle à Jospin et qui œuvre pour qu’il se représente, malgré la décision de ce dernier de se retirer, déclaration vite regrettée mais jetée comme une gifle à ses électeurs le soir de sa défaite.

La mécanique d’une trahison…
Pour faciliter le propos nous retiendrons ce terme, juste d’un point de vue formel lorsqu’il appela à voter Sarkozy, mais  sous-évalué en considérant le trait de caractère. Que s’est-il passé ? Il faut oublier le livre de circonstance Qui connaît Madame Royal ? écrit par l’intéressé, pour s’en tenir aux faits. Eric Besson a jusqu’au bout soutenu une candidature de Lionel Jospin, au-delà même de son renoncement à se présenter aux primaires organisées au sein du parti ; Besson poussait même l’idée d’une candidature autonome car il y avait dans l’air en cas de victoire un poste possible de Premier ministre. Mais ne vivant pas en lévitation au-dessus de la réalité, Jospin rengaina son orgueil et ses tendances à s’émouvoir en public lorsqu’il s’agit de lui et remisa ses ambitions, laissant ses affiliés sans ressource ni avenir. Concernant Eric Besson, ce fut alors un remix de la fable de Perrette, « La Laitière et le Pot au lait », avec pour seul retournement possible le ralliement à la candidature de Ségolène Royal…
Mais c’est, au sein de son équipe de campagne, une fin de non-recevoir. On peut mesurer alors le dépit se transformant en hargne et rancœur, avec ce sentiment d’impuissance d’être peu apprécié à sa juste valeur. Plus d’espoir, il faut alors se créer une fenêtre de tir et donc faire ce choix de saboter la candidature de Royal ! Pratique habituelle dans nos mœurs politiques, mais s’agissant de visées opportunistes, il convient qu’elles aient l’apparence du courage et de l’intelligence.

Sarkozy, mon beau chevalier blanc…
Quand on a écrit « La France est-elle prête à voter en 2007 pour un néo-conservateur américain à passeport français ? » et encore « En supprimant ou en restreignant fortement les principaux dispositifs de régularisation, Nicolas Sarkozy se prive des outils permettant une régularisation au fil de l’eau et évitant ainsi les régularisations de masse. En d’autres termes, Nicolas Sarkozy fabrique des sans-papiers, lui qui prétend lutter contre l’immigration clandestine !… », cela ne paraît pas si évident de se rallier à son panache blanc. Et pour ce faire, il faudra payer cash… Reprenons le déroulement des faits. Tout commence par une crise de nerfs. En février 2007 Eric Besson lance une violente diatribe contre les propositions économiques de la candidate lors d’une réunion du secrétariat national, sans être gêné qu’elles soient fortement inspirées de ses travaux en qualité de secrétaire national chargé de ces questions. Puis il y a ce voyage en Chine de Ségolène Royal… La rupture sera consommée et il faut qu’elle le soit publiquement, manière de laver l’affront d’avoir été maltraité par la candidate. Il écrit donc son pamphlet Qui connaît Madame Royal ?, manière de répondre à la question qu’elle posa « Qui connaît Monsieur Besson ? » Il s’ensuit une période de flottement au cours de laquelle il annonce sa démission du parti et de ses mandats électoraux, son retrait de la vie politique, écho quasi freudien de la déclaration de Lionel Jospin le soir de sa défaite. Est-ce une manœuvre pour donner un peu d’espace avant son ralliement public à Nicolas Sarkozy ? Possible car les deux hommes se connaissent très bien… En 1997, Eric Besson a bataillé fermement contre lui au cours des débats parlementaires pour l’adoption de la loi des 35 heures, puis il fut son principal contradicteur lorsque Sarkozy devint le ministre de l’Intérieur de Chirac, et celui des Finances. Mais certains font remonter à 1995 la connivence entre les deux hommes par l’entremise de Jean-Marie Messier. En tous cas, le change est donné et Eric Besson se retrouve alors dans la peau d’un repreneur de l’équipe de foot de Nantes ! Pour ceux qui le crurent, l’illusion dura peu, le temps d’attendre les résultats du premier tour…
Le soir du 22 avril, il annonce son ralliement, prend la parole quelques jours plus tard lors d’un meeting électoral à Poitiers devant plus de 10.000 sympathisants UPM médusés. Allant plus loin dans la démarche, il se transforme en coach de Sarkozy lorsque celui-ci prépare le débat d’entre-deux-tours avec Ségolène Royal… Du rarement vu dans les annales politiques, digne du retournement d’un espion racontant par le menu les secrets de ses précédents commanditaires. Mais Sarkozy, adepte de la stratégie de l’araignée et de son baiser qui tue, tient bien sa proie et en tire tout le suc, tout en lançant ce signal fort aux autres. Ils suivront bien sûr, mais après l’élection de leur nouveau champion, sans qu’il leur puisse être reproché d’avoir tout fait pour ruiner les chances de leur candidate. Si la trahison était un crime dont se seraient rendus coupables les Kouchner, Jean-Marie Bockel, Martin Hirsch, Fadela Amara, pour Eric Besson, il faudrait ajouter la préméditation.

Une tradition bien française
Il est  inutile de se demander ce que l’Histoire gardera du parcours d’Eric Besson. Rien car, finalement, la banalité de l’acte le renvoie à son néant et dès lors son destin ministériel n’a pas d’importance. Sa promotion au ministère le plus controversé de l’ère sarkozyste, sa future intronisation parmi les barons de l’UMP rappellent les trente deniers donnés à Judas et il restera attaché à son faiseur comme le pendu à sa corde. Qu’il déplaise ou qu’il se démonétise, il sera renvoyé au cimetière des gadgets avec lesquels on a fini de jouer. Le cadavre bougera encore, cherchant des appuis qui se déroberont. Puis il sombrera dans le désarroi et l’amertume. En fait la trajectoire d’Eric Besson n’a d’intérêt que pour une étude de cas, illustrant une tradition bien française de l’ère moderne. Si l’on met de côté les quelques ministres d’ouverture tels que Durafour ou Jean-Pierre Soisson, recrutés par Mitterrand mais issus du centre donc par nature versatiles, on ne trouvera pas de responsables politiques de droite trahissant leur parti pour se retrouver à gauche. C’est donc une caractéristique de celle-ci que de générer de tels hommes. Et ils sont nombreux !

Déat, Doriot et tant d’autres…
On peut remonter très loin dans l’histoire du siècle dernier. Clémenceau, le brillant révolutionnaire, socialiste accompli sut se transformer en sanglant ministre de l’Intérieur, envoyant la troupe pour briser des grèves et il n’aurait pas connu la gloire sans la divine surprise de la première guerre mondiale. Tant d’autres l’ont précédé ou le suivront, plus obscurs et oubliés de l’Histoire. Seul Jean Jaurès sort du lot, mais sans la balle qui l’a statufié, aurait-il lui aussi souffert de ce mauvais cancer de la conscience que de trahir ses années de jeunesse ? Tout est affaire de circonstances et dans cette zoologie de la trahison le régime de Vichy fut un vivier. Jacques Doriot, dirigeant communiste et maire de Saint-Denis, pourfendeur des fascistes dès le début des années trente ne supporta pas de voir ses ambitions bafouées et que lui soit préféré Maurice Thorez au sein de la direction du parti. Et il devint l’un des pires collaborateurs, partisan des nazis au point de revêtir l’uniforme de la Wehrmacht sous lequel il mourut en 1945. Que dire d’un Marcel Déat, journaliste, jeune député socialiste en 1926, promis (lui aussi..) à succéder à Léon Blum, socialiste sincère et virulent aux prétentions contrariées qui devint ministre du maréchal Pétain en rêvant d’être le chef d’un parti unique fasciste ? Bien entendu il ne faut pas oublier Pierre Laval, membre du Parti Socialiste avant de verser dans le radicalisme et dont on connaît la triste fin !

L’avenir appartient-il aux traîtres ?
Il ne faut pas gâcher l’histoire du mouvement ouvrier et démocratique, ni même celle de notre pays par le souvenir de ceux qui les ont trahis et ces arbres abattus ne cachent pas la forêt. Mais la matrice est bien là qui les fabrique. Ambitions bafouées, vanités contrariées, opportunisme, orgueil et velléités, ces virus ne demandent qu’à frapper et sont les symptômes de la faiblesse des corps constitués que sont nos partis de gauche. Et cette affaire est d’importance lorsqu’il s’agit des forces de progrès. Le fait qu’il y ait au sein de ces partis des instances ayant donné des responsabilités à de tels hommes montre qu’il convient de réinventer leur fonctionnement. L’on ne parle pas impunément au nom des plus humbles et la trahison de leurs mandataires donne un tour de vis à leur espérance, suscitant le trouble des consciences et cette idée noire qu’en politique, « ils » sont tous pareils. Pourtant la droite est la droite, elle ne sera jamais portée sur le mélange des genres et on ne peut pas lui reprocher d’être l’instrument de la défense des intérêts de la bourgeoisie, selon le vocable du siècle précédent, aujourd’hui de la finance internationale, bref de la mondialisation du capitalisme. Elle ne s’en cache pas, déclinant ce credo selon lequel ce qui est bon pour les possédants l’est aussi pour ceux qui n’ont rien et ses leaders portent haut, souvent avec appétence, ses couleurs. Nicolas Sarkozy en est un et on peut lui reconnaître ce talent d’être le maître de ces temps de décadence idéologique où l’on oublie trop vite que la confrontation de classes est une réalité concrète : familles jetées dans la misère, précarité, dureté de la vie, licenciements, économie de survie, justice et médias sous contrôle et instrumentés. Quant à la gauche, tant qu’elle n’aura pas réinventé ses instruments d’organisation et suscité l’esprit de résistance, elle est vouée à être le spectateur de sa déchéance. Face à ces ingrédients d’un désarroi généralisé et cette pénurie de perspectives, il est naturel que des hommes, tels qu’Eric Besson, Bernard Kouchner, Jean-Marie Bockel et consorts, bien différents de nous autres, suivent l’inflexion de leurs âmes et le chemin de leurs aînés. Ils en auront sans doute le destin.

Jean-Philippe Demont-Pierot (article paru le 19/01/2009 dans « La petite république« )

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janvier 19, 2009 at 1:50 Laisser un commentaire

Gaza : la paix est-elle soluble dans le sang ?

Ce que nous montrent nos écrans TV, des images implacables, sang, terreur, enfants déchirés, hurlements de douleur, cadavres déjà souillés que l’on traîne à l’hôpital. Bref, une cohorte d’horreurs jetées à nos visages, celles d’une guerre semblable à toutes les guerres suscitant pour nos esprits l’incompréhension, le dégoût et le désir que cela cesse. Alors on se tourne sans conviction vers les protagonistes. D’un côté, le gouvernement israélien expliquant que cette opération militaire vise l’éradication du Hamas, “mouvement terroriste”, suivant ainsi la doctrine officielle des diplomaties du monde occidental, et faisant donc œuvre utile.

Puis ce que disent en écho les dirigeants de cette organisation palestinienne avec son crédo : en vrac, la trahison des pays arabes et du Fatah, la lutte contre l’oppression et le piétinement par Israël et les grandes puissances, Etats-Unis en tête, des droits légitimes d’un peuple à l’existence. Sans oublier les déclarations de l’administration américaine actuelle qui vient de bloquer encore une fois une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU visant à un arrêt des combats, et les péroraisons du président Sarkozy, dont la tendance est d’exploiter sans cesse toute situation pouvant l’auréoler de gloire télévisuelle.

Si cela s’impose comme des vérités immédiates, rien ne peut susciter l’espoir de la fin du martyr des Palestiniens et l’on reste médusé sur ce qui est présenté comme une évidence de tout temps : on ne discute pas avec une organisation terroriste.

Et pourtant la logique et la seule intelligence voudraient que l’on donne un sens à ces morts, que l’on réfléchisse à l’histoire commune de ces deux peuples, ce que l’inconscience, la domination par les passions et les intérêts ponctuels, électoraux ou autres ne permettent malheureusement pas.

– Hamas, organisation terroriste : Elle l’est puisqu’on nous le dit, reconnue comme telle par les États-Unis, l’Union européenne et bien entendu Israël. Elle l’est sans doute puisqu’elle s’est fait connaître auprès de l’opinion publique internationale par ses attentats contre des civils israéliens mais aussi à l’encontre des Palestiniens considérés des traîtres à la cause. Mais un peu de recul nous apprend qu’elle appartient à un mouvement bien ancien du monde arabe, petits-cousins des frères musulmans qui furent historiquement un casse-tête pour les dirigeants égyptiens, avant et après l’indépendance du pays. Légitimité historique donc, même si cela n’est pas un blanc-seing, mais reconnaissance de celle-ci lorsque fut concrètement constitué le Hamas dans la bande de Gaza par le cheikh Ahmed Yassine et que le gouvernement israélien de l’époque, avec d’autres puissances régionales finança pour contrebalancer l’influence du Fatah et son leader Yasser Arafat ! Cruelle ironie pour ceux habitués à la politique du pire qui se transforme souvent en celle de l’arroseur arrosé ou de l’apprenti sorcier. Mais il existe une autre légitimité, celle des paradoxes et des traditions régionales. Il suffit de se projeter dans la Palestine du siècle dernier et de regarder. C’est alors une situation bien complexe. Un mandat britannique, des jeux d’alliances entre les Anglais, les Américains et les divers mouvements sionistes face à une population arabe déchirée, avec ce projet tellement légitime après l’holocauste de créer un État juif. Il n’est pas nécessaire de reprendre point par point la chronologie des faits depuis les années trente jusqu’à la création effective d’Israël en 1948 pour souligner une évidence. Sans la mobilisation de Juifs de Palestine, mais aussi de ceux venant d’Europe depuis le début du siècle fuyant les persécutions, il n’y aurait pas eu d’Etat hébreu. On peut pour s’en convaincre évoquer la politique en 1945 du gouvernement travailliste en Grande-Bretagne qui, malgré ses promesses d’accroître l’émigration juive, fit le contraire, ce qui eut pour conséquence ce qu’on appellerait aujourd’hui le terrorisme. Les dirigeants d’Irgoun, organisation armée sioniste, considérant cette trahison et l’absence de reconnaissance de droits légitimes des juifs à un État se lancèrent alors dans une campagne d’assassinats et de terreur à l’encontre d’officiels anglais mais aussi de civils arabes. Leurs bombes pulvérisèrent des trains, des lieux publics et des clubs fréquentés par des Anglais, certains d’entre eux furent enlevés et exécutés. Dans les années trente, des civils arabes palestiniens furent aussi victimes de leurs attentats et l’on peut évoquer celui du marché arable d’Haïfa le 25 juillet 1938 où l’on dénombra 70 morts…L’Irgoun (dont l’un des chefs était un dénommé Begin qui devint bien des années tard Premier ministre) rentrait tout à fait dans les critères d’une organisation terroriste avec laquelle on ne pouvait négocier et était considérée comme telle.… Puis celle-ci donna naissance au Likoud, parti politique de droite considéré comme acquis aux principes de la démocratie.

Bref ce terrorisme, réaction face à l’intransigeance des grandes puissances, fut déterminant dans ce processus amenant à la création de l’Etat hébreu. Doit-on alors considérer que la violence servie à l’encontre de civils est une condition nécessaire ? Certainement pas mais l’histoire montre que l’on doit regarder de plus près ces mécanismes de déstructuration des êtres et de désespérance qui poussent à faire couler le sang. Il est certain que le Hamas, comme l’Irgoun au cours du siècle dernier, a quelque chose à dire et qu’il convient de l’écouter afin de rentrer dans un processus d’apaisement, de négociation et de pacification.

– Une invasion fautive : les faits sont là. Plus de six cents morts en quelques jours que certains mettent en balance avec la dizaine de victimes israéliennes dues aux roquettes lancées par le Hamas. Mais doit-on mettre en équivalence la souffrance ? Une victime est une victime, sans qu’il soit nécessaire d’appréhender leur nombre en additions comparées. Le problème n’est pas là. La décision du gouvernement israélien de lancer ses avions et ses chars sur une population en proie aux pires difficultés depuis le blocus et sur les troupes du Hamas dépourvues de vrais moyens militaires de défense, apparaît bien sûr démesurée et choquante, mais c’est surtout une faute politique majeure. Cette volonté proclamée d’anéantissement du Hamas, la recherche d’une victoire militaire facile comme s’il fallait gommer la défaite contre le Hezbollah en septembre 2006, va  transformer celui-ci en victime et lui donner toute l’aura nécessaire, balayant ainsi sa mauvaise image dans les consciences internationales et assurant son assise dans le peuple palestinien.

Est-ce là le calcul de ses dirigeants en rompant la trêve pour reprendre ses tirs de roquettes ? En toute hypothèse, c’est un piège et qu’il ait été posé par le Hamas ou par l’absence de vision et de courage politique de l’actuel gouvernement israélien n’a plus d’importance.

– La mobilisation de tous : Israël a été et sera toujours une promesse. Et il convient de le défendre contre ses mauvais génies. Sa ressource est son peuple qu’il ne faut pas confondre avec ses dirigeants. Son aspiration à la paix et à l’amitié entre les peuples est réelle, suffisante pour imposer ce qui peut paraître le bon sens : laisser le peuple palestinien décider de son avenir par la création d’un État viable et solide dans des frontières reconnues. De tous temps, ce furent ces aspirations-là qui portèrent les coups fatals aux plus cruels conflits et à l’oppression car l’on peut dire qu’il n’y aurait pas eu en France de général de Gaulle imposant l’indépendance et la paix en Algérie sans la conscience libératrice du peuple français. Il ne faut donc pas craindre d’être pro-peuple israélien, défendre son esprit d’émancipation dont on sait qu’il fut aussi porté par ce terrorisme du siècle dernier, se battre dans le même temps pour que les organisations comme le Hamas dont s’est doté le peuple palestinien, quelque soit le regard porté sur son idéologie mais l’histoire a montré que ce sont souvent des cosmétiques dont on se débarrasse le temps voulu, soient reconnues comme telles et que l’on négocie avec elles sans préavis ni condition. C’est cette mobilisation-là qui est nécessaire. Un jour viendra où une paix durable lavera le sang de toutes ces victimes en donnant un sens à leur mort. Faisons en sorte que cela soit le plus tôt possible.

Article de JP Demont-Pierot paru dans la Petite République le 8/01/2009

janvier 8, 2009 at 4:35 Laisser un commentaire


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